L’étape du 1/10 vue par un pharmacien

Depuis le 1/10/2020, les éditeurs de logiciels ont adapté leurs systèmes afin que les prescripteurs puissent appliquer une durée de validité plus longue ou plus courte que celle de trois mois prévue par défaut. Cette adaptation implique différents avantages et changements. Nous avons rencontré le pharmacien Charles Ronlez qui nous a parlé de son expérience dans ce contexte en tant que pharmacien.

L’alignement entre la validité et le remboursement

« L’alignement entre la période de remboursement et la durée de validité présente différents avantages. Le principal d’entre eux, c’est qu’il est désormais possible d’appliquer un délai de délivrance plus long. Plus important encore, la durée de validité est alignée avec la période de remboursement. Dans l’ancien système, nous avions la possibilité de délivrer des médicaments prescrits, y compris après un délai de 3 mois. Cependant, ces derniers n’étaient plus remboursés après ce délai de 3 mois », nous explique Charles Ronlez. 

L’introduction de la prescription électronique est un progrès considérable selon lui. « Depuis l’obligation de prescription électronique pour les médicaments, cela n’est plus possible », explique Charles Ronlez. Grâce aux récentes adaptations des logiciels, la durée de validité est automatiquement ramenée à 3 mois par défaut lorsque le prescripteur n’indique pas la date limite de validité.

« Meilleure sera la communication concernant cette étape importante, moins il y aura de problèmes », indique-t-il. « Il y a deux éléments qu’il faut ajouter à la prescription électronique : la date de création de la prescription et la date de fin d’exécution. Toute autre date qui serait ajoutée peut poser problème », ajoute Charles Ronlez. Dans des cas exceptionnels uniquement, le prescripteur peut également devoir préciser que le traitement doit commencer à une date ultérieure. Dans ce cas, une date de début du traitement devra également être mentionnée (y compris sur la preuve de prescription électronique).

Du médecin au pharmacien

« Imaginez : un patient se rend chez son médecin et ce dernier lui prescrit différents médicaments. Lors de la création de la prescription, le médecin peut décider si les médicaments peuvent être récupérés en plusieurs fois et jusqu’à quel moment la prescription doit rester valable. À ce moment, le rôle du médecin est terminé. C’est au système Recip-e de prendre le relais. La date limite de validité déterminera si la prescription est toujours visible ou non dans le système. La prescription n’est plus valable ? Dans ce cas, elle ne sera plus visible pour le pharmacien », nous explique Charles Ronlez. 

Changements depuis le 1/10

Depuis le 1/10/2020, la durée de validité d’une prescription est de 1 ans maximum et le prescripteur peut choisir de préciser la durée de validité. « Recip-e garantit que les prescriptions qui ont été créées depuis le 1/11/2019 ne sont plus visibles sur le serveur que si elles sont toujours valables. C’est un avantage considérable pour le pharmacien ! » déclare Charles Ronlez.

Des informations claires pour éviter toute frustration pour le patient

« Dans certains cas, cette nouvelle situation peut être source de frustrations pour le patient. Il peut se retrouver avec une prescription électronique papier qui n’est plus disponible dans le système, car elle n’est plus valable », explique Charles Ronlez. Le patient peut avoir obtenu cette preuve papier de son médecin, ou l’avoir imprimée lui-même par le biais de MaSanté.be avant l’échéance de sa durée de validité. « Afin de pouvoir bénéficier d’informations ciblées concernant les prescriptions arrivées à échéance, il peut être intéressant pour le patient de recevoir des messages spécifiques de la part du système », souligne Charles Ronlez. « Le patient bénéficiera ainsi d’informations plus claires et d’explications concernant la raison pour laquelle une prescription n’est plus disponible dans le système. »  Recip-e endosse en effet la responsabilité de la validité de la prescription.

À l’avenir, le patient ne recevra plus et n’aura plus besoin d’une preuve de prescription électronique papier. Dans le cadre de la dématérialisation, le patient n’aura plus besoin que d’un code-barres ou de sa carte d’identité pour récupérer une prescription. Les changements prévus au 1/10/2020 constituent une étape dans la bonne direction vers une dématérialisation complète. 

Nous remercions le pharmacien Charles Ronlez d’avoir partagé son expérience dans ce nouveau contexte avec nous.