Mi-septembre, tous les médecins pourront prescrire sans preuve papier

BRUXELLES, août 2021 – Depuis le 1er juin, certains médecins peuvent déjà prescrire des médicaments sans preuve papier. Le déploiement complet de la prescription dématérialisée suivra le 15 septembre. Coup d’œil sur les implications de la dématérialisation pour vous, en tant que médecin.

Depuis le 1er janvier 2020, chaque médecin est tenu d’établir ses ordonnances par voie électronique (sauf dans certaines situations exceptionnelles). Vous devez toutefois toujours remettre au patient une preuve de prescription électronique sur papier, comportant le désormais célèbre code RID. Depuis le 1er juin, certains médecins peuvent se passer de cette preuve papier, en fonction du progiciel qu’ils utilisent. Nous sommes ainsi entrés dans la dernière phase de la dématérialisation de la prescription. À partir du 15 septembre, tous les médecins pourront prescrire de cette manière.

Dématérialisation : avantages pour le médecin

  • Comme l’ensemble du processus de prescription peut (ne doit pas) être entièrement numérique, votre administration gagnera en efficacité et vous pourrez consacrer plus de temps au patient. Avec une prescription sans preuve apier, les problèmes de prescription perdue, par exemple, appartiennent également au passé.
  • Le système établira une prescription distincte pour chaque médicament. Le schéma de médication pourra donc être aisément mis à jour. Le patient aura également la possibilité de réserver différents médicaments dans différentes pharmacies. En cas de preuve de prescription électronique sur papier, un A4 pourra comporter jusqu’à quatre médicaments.
  • En tant que médecin, vous pourrez voir si le patient est effectivement allé retirer un médicament, prescrit ou pas. Vous serez ainsi en mesure de mieux évaluer l’observance thérapeutique. Si certains patients ne vont pas chercher leurs médicaments, vous pourrez engager le dialogue avec eux.
  • La dématérialisation offre la possibilité d’aider les patients à distance. Supposons qu’un patient ait besoin d’une prescription urgente, mais qu’il ne puisse pas se rendre dans votre cabinet pour des raisons indépendantes de sa volonté. Vous pourrez le dépanner à distance.
  • Les patients peuvent d’ores et déjà consulter leurs prescriptions ouvertes en ligne, entre autres via le portail fédéral www.masante.belgique.be. Les possibilités seront élargies dès le 15 septembre. Ils pourront alors décider, en concertation avec vous, de ne pas montrer un certain médicament prescrit au pharmacien (au moyen du « VISI flag »). Il s’agit d’une grande avancée en termes de confidentialité. Les patients pourront également réserver des médicaments dans la pharmacie de leur choix.

Un choix, pas une obligation

Le patient pourra toujours choisir de recevoir une prescription électronique. Il est important de guider vos patients dans ce choix, surtout au début. Au cours de la phase de lancement, il est également conseillé de toujours leur remettre une preuve de prescription électronique sur papier par mesure de sécurité, même s’ils demandent une prescription dématérialisée.

En pratique

Vous trouverez sur notre site web un aperçu de la prescription dématérialisée. En voici un résumé.

  • Continuez à fournir une preuve de prescription sur papier aux « patients non numériques ».
  • Si le patient est suffisamment familiarisé avec le numérique, il lui appartient d’opter ou non pour une prescription dématérialisée. En votre qualité de médecin, vous devez alors vous assurer que le patient sait comment consulter la prescription électronique et comment retirer les médicaments avec cette prescription.
    • Vous remettez au patient une preuve papier. S’il le souhaite, le patient peut récupérer ses médicaments au moyen de son eID, de son numéro de registre national (si la pharmacie a lu son eID au cours de 15 derniers mois) ou d’un outil numérique.
    • Vous fournissez au patient un code qui lui permet de récupérer une preuve de prescription électronique. Tous les progiciels ne proposeront pas cette option.
    • Le patient retire les médicaments en pharmacie au moyen de son eID/numéro de registre national ou de la preuve électronique qu’il récupère via une application web ou mobile. Vous n’avez alors aucun document à lui remettre.

Vous cherchez des informations supplémentaires ?

Divers moments d’information sur la dématérialisation seront organisés au cours des prochains mois. Nous élaborerons les supports de communication nécessaires pour les prestataires de soins et les patients, en collaboration avec les pouvoirs publics. Dans l’intervalle, nous vous recommandons les sources fiables suivantes :

– le processus de dématérialisation est décrit dans son intégralité sur le site web de Recip-e.
– les 9 et 14 septembre RSB et RSW organisent deux formations en ligne sur l’impact de la dématérialisation (français);
– les 6 et 9 septembre, VIVEL (l’Institut flamand pour la Première ligne) organise en collaboration avec ses partenaires deux événements en ligne sur l’impact de la dématérialisation, à l’intention des prestataires de soins et des patients. La participation est gratuite, vous pouvez vous inscrire via la page d’événements du VIVEL (néerlandais) ;
– pour de plus amples informations, adressez-vous à votre fournisseur logiciel. Vous pouvez également poser vos questions à Recip-e via ce formulaire en ligne.

L’ASBL Recip-e est l’équipe « pluridisciplinaire » qui contribue au déploiement de la prescription électronique dans le secteur des soins de santé en Belgique. L’ASBL se compose de représentants de tous les prestataires de soins qui siègent au Comité de l’assurance de l’INAMI [médecins, dentistes, pharmaciens, kinésithérapeutes et infirmières (à domicile)]. L’ASBL est présidée par le Dr Marc Moens. Dr Pharm. Katrien Thorré est la directrice depuis avril 2019.

En savoir plus ? Lisez cette interview de Katrien Thorré réalisée fin 2020 à l’occasion des 10 ans de Recip-e.